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Imaginez : votre appartement locatif, classé F depuis deux ans, redevient E sans que vous n’ayez posé la moindre isolation. Ce n’est pas un scénario, c’est la conséquence directe de deux arrêtés qui redessinent la carte énergétique du parc immobilier français. Près de 300 000 logements vont changer d’étiquette au 1er janvier prochain, dont 125 000 dans le parc locatif privé. Pour un investisseur bailleur, cela peut représenter la différence entre un bien loué et un bien immobilisé.
Le DPE 2027 n’est pas une simple révision technique. C’est un déplacement du curseur qui reconfigure les stratégies patrimoniales de ceux qui achètent pour louer, redéfinit les arbitrages et ouvre des fenêtres d’acquisition inédites. Encore faut-il savoir les lire.
| Donnée | Valeur |
|---|---|
| Nouveau coefficient électricité | 1,7contre 1,9 en 2026 et 2,3 auparavant |
| Logements qui changent de classe | environ 300 000dont 125 000 dans le parc locatif |
| Réduction de consommation calculée, cumulée | environ 26 %par rapport au DPE 2025 |
| Date d’effet | 1er janvier 2027 |
| Prochaine interdiction de location | classe F en 2028 |
| Amende pour fausses informations dans une annonce | 3 000 €15 000 € pour une personne morale |
Deux arrêtés, deux changements majeurs
La refonte du DPE pour 2027 repose sur deux textes réglementaires distincts, publiés à quelques mois d’intervalle. Chacun agit sur un levier différent du calcul, mais leurs effets se cumulent.
L’arrêté du 19 août 2026 : la nouvelle valeur du coefficient électricité
Le coefficient d’énergie primaire de l’électricité passe à 1,7. Ce chiffre technique traduit une réalité industrielle : le mix électrique français est de plus en plus décarboné, et la conversion entre l’énergie finale consommée dans le logement et l’énergie primaire mobilisée en amont s’ajuste en conséquence.
L’arrêté du 11 juin 2026 : la naissance de la classe A0
Une nouvelle classe fait son apparition au sommet de l’échelle : la classe A0, réservée aux bâtiments à émissions nulles ou fortement décarbonés. Elle vient couronner la performance énergétique et créer une nouvelle référence pour les biens haut de gamme.
L’évolution chiffrée du coefficient
Pour mesurer l’ampleur du mouvement, il suffit de regarder la trajectoire du coefficient sur les dernières années.
| Période | Coefficient énergie primaire électricité |
|---|---|
| Avant janvier 2026 | 2,3 |
| Depuis janvier 2026 | 1,9 |
| À partir du 1er janvier 2027 | 1,7 |
Sur deux ans, le coefficient a chuté de 2,3 à 1,7. Une baisse discrète en apparence, mais dont les conséquences sur les notes DPE sont considérables.
Concrètement, qu’est-ce que ça change sur la note DPE ?
Un coefficient qui baisse, c’est une consommation calculée qui diminue mécaniquement. Le logement n’a pas changé, ses factures non plus, mais son étiquette énergétique se déplace.
Un exemple chiffré parlant
Prenons un logement 100 % électrique consommant 100 kWh/m² d’énergie finale par an. Voici comment sa consommation d’énergie primaire évolue au fil des arrêtés :
- Avant 2026 : 100 × 2,3 = 230 kWh/m² (classe F)
- Depuis janvier 2026 : 100 × 1,9 = 190 kWh/m² (classe E)
- À partir de 2027 : 100 × 1,7 ≈ 170 kWh/m² (classe D ou E selon les émissions)
Même logement, même mode de vie, trois étiquettes différentes en trois ans. C’est cette bascule qui explique pourquoi environ 300 000 logements vont sortir du statut de passoire thermique sans aucun travaux, dont 125 000 dans le parc locatif privé.
→ Le conseil Montclair
Avant tout arbitrage, faites recalculer virtuellement votre bien avec le nouveau coefficient. Un logement F aujourd’hui peut basculer en E, changer votre horizon d’interdiction locative et modifier toute votre stratégie de détention.
Les nouveaux affichages obligatoires sur le DPE
Au-delà du calcul, le format même du diagnostic évolue. Le DPE 2027 devra afficher plusieurs informations complémentaires :
- La production d’énergie renouvelable sur site, en kWh et par source ;
- Le raccordement éventuel à un réseau de chaleur classé efficace ;
- Le vecteur énergétique principal du logement ;
- La durée de vie résiduelle des équipements de chauffage et de climatisation.
Ces mentions ne sont pas cosmétiques. Elles donnent à l’acquéreur ou au locataire une lecture beaucoup plus fine de la trajectoire énergétique réelle du bien.
La classe A0, nouveau sommet de la performance énergétique
Jusqu’ici, la classe A représentait l’excellence. Elle reste au sommet, mais partage désormais la marche avec une nouvelle référence encore plus exigeante.
Qu’est-ce qu’un bâtiment classé A0 ?
La classe A0 distingue les bâtiments dont les émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie sont nulles ou très fortement décarbonées. Concrètement, elle valorise les biens intégrant des énergies renouvelables performantes, une conception passive ou un raccordement à des sources de chaleur totalement décarbonées.
Quels biens peuvent prétendre à cette classe ?
Les candidats naturels sont les bâtiments neufs conçus selon les standards les plus récents, les immeubles de rapports raccordés à des réseaux de chaleur alimentés par la géothermie ou la biomasse, et les logements équipés d’installations solaires ou éoliennes intégrées. Cette classe reste rare, mais son existence crée un nouveau plafond de valorisation.
L’impact sur la valorisation patrimoniale
Un bien A0 devient un objet patrimonial distinct sur le marché. Dans un contexte où la performance énergétique pèse déjà lourdement sur les prix de vente et de location, disposer de cette étiquette peut se traduire par une prime significative et une liquidité accrue. À l’inverse, la présence de cette classe redéfinit implicitement la hiérarchie du marché : ce qui était considéré comme excellent devient simplement bon.
Pas besoin de refaire le DPE : comment récupérer la nouvelle étiquette
Bonne nouvelle pour les propriétaires qui investissent dans l’ancien : le passage au nouveau coefficient ne nécessite aucun nouveau diagnostic. Le recalcul se fait automatiquement à partir des données déjà enregistrées.
L’attestation officielle de l’ADEME
Une attestation actualisée, gratuite, sera téléchargeable sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Elle reprend les caractéristiques de votre bien, applique le nouveau coefficient et vous délivre la nouvelle étiquette. Ce document a la même valeur juridique que le DPE d’origine.
Quelle validité pour les DPE existants ?
Les DPE réalisés depuis juillet 2021 restent valables dix ans. Ceux établis entre 2018 et juillet 2021 ont expiré début 2025 et doivent être refaits. Si votre diagnostic est encore en cours de validité, l’attestation ADEME suffit pour vous prévaloir de la nouvelle étiquette dans une annonce, un bail ou un acte de vente.
→ Bon à savoir
Conservez systématiquement l’attestation ADEME dans le dossier locatif de chaque bien. Elle constitue votre preuve officielle en cas de contestation par un locataire ou un acquéreur.
Le calendrier des interdictions de location : où en est-on ?
La refonte du coefficient ne fait pas disparaître le calendrier des interdictions. Elle le déplace pour certains biens, mais les grandes échéances demeurent.
Le tableau des interdictions en vigueur et à venir
| Classe | Interdiction de location | Statut |
|---|---|---|
| G+ (plus de 450 kWh/m²/an) | Depuis le 1er janvier 2023 | En vigueur |
| G | Depuis le 1er janvier 2025 | En vigueur |
| F | 1er janvier 2028 | À venir |
| E | 1er janvier 2034 | À venir |
Le gel des loyers et l’opposabilité du DPE
Rappelons que les loyers des biens classés F et G sont gelés depuis 2022 : aucune indexation, aucune révision à l’entrée d’un nouveau locataire. Par ailleurs, le DPE est opposable depuis juillet 2021. Une erreur ou une information inexacte engage la responsabilité civile du bailleur.
Les sanctions en cas d’annonce erronée
Diffuser une annonce mentionnant une classe DPE erronée ou un DPE sans numéro Ademe expose à une amende pouvant atteindre 3 000 euros pour une personne physique et 15 000 euros pour une personne morale. Autrement dit, la rigueur documentaire n’est pas optionnelle.
Ce que ça change pour un investisseur bailleur en 2027
Passons du texte à la stratégie. Que faire, concrètement, quand on détient ou qu’on envisage d’acquérir un bien impacté par cette réforme ?
1. Des passoires qui redeviennent des biens locatifs
Le premier effet direct est la restauration de valeur locative. Un appartement électrique classé F ou G en 2025 peut redevenir D ou E en 2027, ce qui le rend à nouveau louable au-delà de 2028 et libère son loyer du gel. Pour certains investisseurs, c’est un actif immobilisé qui retrouve son utilité économique.
2. Une fenêtre d’acquisition à saisir avec méthode
Sur le marché secondaire, de nombreux biens sont aujourd’hui décotés en raison de leur étiquette de passoire thermique. Certains sortiront de cette catégorie sans travaux. C’est une opportunité d’arbitrage réelle, à condition de la traiter avec rigueur.
Attention cependant à l’écueil symétrique : tous les biens F ou G ne vont pas basculer. Un logement chauffé au fioul ou au gaz ne bénéficiera pas de la baisse du coefficient électricité. Un logement électrique très mal isolé peut rester en F malgré le recalcul. La lecture doit être fine, pas mécanique.
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3. La durée de vie des équipements : un nouvel indicateur à intégrer à vos arbitrages
Le DPE 2027 introduit une donnée concrète et souvent négligée : la durée de vie résiduelle des systèmes de chauffage et de climatisation. Un logement peut afficher une étiquette flatteuse alors que sa chaudière ou sa pompe à chaleur arrive en fin de course. Cette mention change la manière dont un acquéreur, un locataire ou un partenaire patrimonial doit lire le diagnostic.
Pour un investisseur, l’enjeu est double. Anticiper le remplacement d’un équipement, c’est provisionner un budget travaux dans son plan de financement plutôt que de le subir en cours de détention. C’est aussi ajuster le prix d’acquisition à la réalité technique du bien : un chauffage en fin de vie représente une dépense de 4 000 à 15 000 euros selon la technologie, qui doit être intégrée dès la négociation.
→ L’éclairage Montclair
Avant toute acquisition d’un bien classé F ou G, exigez le détail du calcul DPE : vecteur énergétique, consommation d’énergie finale, émissions. C’est ce qui vous permettra d’anticiper la note post-2027, pas la seule étiquette actuelle.
Les changements cumulés : l’effet réel sur votre parc
Prenons de la hauteur. Que représente concrètement l’effet combiné des deux arrêtés sur un patrimoine locatif existant ?
Une réduction de consommation calculée d’environ 26 %
Entre le coefficient de 2,3 en vigueur avant 2026 et celui de 1,7 applicable en 2027, la consommation d’énergie primaire calculée pour un logement 100 % électrique diminue d’environ 26 %. Sans aucune modification physique du bien. C’est l’ampleur de cet ajustement qui explique le déplacement massif d’étiquettes.
Comparatif d’un même logement sur trois millésimes de calcul
| Millésime de calcul | Consommation en énergie primaire | Classe indicative |
|---|---|---|
| DPE 2025 | 230 kWh/m² | F |
| DPE 2026 | 190 kWh/m² | E |
| DPE 2027 | 170 kWh/m² | D ou E |
Pour un propriétaire disposant de plusieurs biens électriques, l’effet cumulé peut redessiner totalement la cartographie du portefeuille : réduction des zones de risque, réactivation d’actifs immobilisés, redéploiement de la stratégie locative.
Vendre en 2026 ou attendre 2027 : la vraie question du timing ?
Faut-il retarder une mise en vente de quelques mois pour bénéficier du nouveau coefficient ? La question mérite d’être posée, mais la réponse est rarement binaire. Un bien tout-électrique proche du seuil supérieur peut effectivement gagner une classe au 1er janvier 2027, ce qui peut se traduire par une décote résorbée et une commercialisation facilitée. À l’inverse, un logement classé F et éloigné du seuil E ne bougera pas, quel que soit le calendrier.
Le raisonnement patrimonial ne peut pas se limiter à la seule étiquette. Prix du marché local, trajectoire des taux d’intérêt, saisonnalité de la demande, tension acheteurs : chacun de ces facteurs pèse au moins autant que le DPE dans la formation du prix final. Attendre janvier peut vous faire gagner une lettre… et perdre plusieurs mois de fenêtre commerciale favorable.
Notre lecture est simple : simulez la note post élection 2027 avant toute décision, puis confrontez-la à l’état réel du marché sur votre secteur. Si le gain d’étiquette est probable et que la demande locale reste soutenue, patienter peut avoir du sens. Dans le cas contraire, mieux vaut vendre sur le bon momentum que sur la bonne lettre.
Ce que notre cabinet de conseil en investissement retient de cette réforme
Le DPE 2027 n’est ni une bonne ni une mauvaise nouvelle en soi. C’est un changement de règles qui redistribue les cartes, offre des marges de manœuvre à certains propriétaires et impose une lecture plus fine du marché à ceux qui investissent. Trois idées à garder en tête :
- Le recalcul est automatique, gratuit et sans nouveau diagnostic pour les DPE valides.
- Environ 300 000 logements changent de classe, mais tous les biens F ou G ne sont pas concernés.
- Le calendrier des interdictions locatives reste inchangé : F en 2028, E en 2034.
Reste la vraie question : quelle stratégie adopter pour votre patrimoine ? Chaque situation demande une lecture croisée du bien, du marché local, de votre horizon et de votre projet de vie. C’est le cœur de notre métier chez Montclair : traduire une réforme en clarté d’action et faire de chaque décision un jalon cohérent d’une trajectoire patrimoniale de long terme. Si vous souhaitez auditer l’impact du DPE 2027 sur vos biens ou intégrer cette variable à un projet d’acquisition, nos associés se tiennent à votre disposition pour un échange approfondi.
Foire aux questions sur le DPE 2027
Mon logement classé G en 2025 peut-il sortir de cette classe en 2027 ?
Oui, si son mode de chauffage est électrique et que sa consommation d’énergie finale n’est pas excessive. Le recalcul avec le coefficient 1,7 peut le faire basculer en F, voire en E. Un logement chauffé au fioul ou au gaz ne bénéficiera pas de cette bascule.
Dois-je refaire un DPE pour bénéficier du nouveau coefficient ?
Non. Si votre DPE est en cours de validité, il suffit de télécharger l’attestation officielle sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Elle actualise gratuitement votre étiquette.
La classe A0, c’est quoi exactement ?
C’est une nouvelle classe créée au sommet de l’échelle DPE. Elle distingue les bâtiments à émissions nulles ou très fortement décarbonées, généralement raccordés à des sources d’énergie renouvelable ou à des réseaux de chaleur décarbonés.
Mon locataire peut-il me poursuivre si mon DPE change de classe ?
Le passage à une meilleure classe grâce au recalcul officiel n’ouvre pas de recours contre le bailleur. En revanche, si un DPE mentionné dans un bail s’avère erroné ou frauduleux, la responsabilité du bailleur peut être engagée au titre de l’opposabilité du diagnostic.
Quand s’applique l’interdiction pour les logements F ?
L’interdiction de location des logements classés F entre en vigueur le 1er janvier 2028. Les logements F après recalcul 2027 restent donc concernés, sauf s’ils basculent effectivement en E ou mieux.
Sources officielles :
- Service-public.fr, fiche F16096
- Arrêté du 11 juin 2026 relatif à la création de la classe A0
- Arrêté du 19 août 2026 relatif au coefficient d’énergie primaire de l’électricité
- Observatoire DPE-Audit de l’ADEME
- Ministère de la Transition écologique, foire aux questions DPE
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