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Calcul de la capacité d’emprunt
Le montant que vos revenus autorisent, avant même de viser un bien. Avec la pondération des loyers que la banque appliquera, et non celle qui arrange le calcul.
Simulateur de capacité d’empruntRègle HCSF
Vos revenus
€
€
Pondérés à 70 % par la plupart des banques.
Vos charges
€
€
Il s’ajoute à la capacité d’emprunt pour former le budget.
Le prêt
%
Assurance emprunteur comprise.
ans
35 % est le plafond du Haut Conseil de stabilité financière. 38 % suppose une dérogation.
%
Capacité d’emprunt
189 668 €
Budget total avec apport
219 668 €
Revenus retenus par la banque4 000 €
Mensualité maximale1 100 €
Apport ajouté30 000 €
Coût total des intérêts74 332 €
Le budget total ne comprend pas les frais de notaire, qui représentent 7 à 8 % du prix dans l’ancien et se paient comptant. Le calcul du taux d’endettement vérifie l’autre côté de l’équation.
Avertissement
Cette estimation applique la règle générale du taux d’endettement, mais chaque banque a sa propre politique : définition des revenus retenus, décote appliquée aux loyers, reste à vivre exigé, traitement des revenus variables. Le résultat ne constitue ni un accord de principe, ni une offre de prêt, ni un engagement du cabinet Montclair. Seul l’établissement prêteur détermine votre capacité réelle au vu de votre dossier complet.
Ce que la banque regarde vraiment dans votre dossier
Beaucoup d’investisseurs découvrent leur capacité d’emprunt le jour où ils s’assoient face à leur conseiller bancaire, c’est-à-dire trop tard pour l’avoir travaillée. Ce chiffre ne sort pourtant d’aucun chapeau : il résulte d’une formule encadrée par la réglementation, dont chaque variable se prépare en amont.
La bonne question n’est donc pas seulement « combien puis-je emprunter ? », mais « quels leviers activer avant de déposer mon dossier ? ». Sur les opérations que nous accompagnons, l’écart entre une capacité subie et une capacité préparée se chiffre régulièrement en dizaines de milliers d’euros de budget.
Comment calculer sa capacité d’emprunt immobilier
La règle des 35 % et ce qu’elle signifie vraiment
Le Haut Conseil de stabilité financière a pris le 29 septembre 2021 une décision, applicable depuis le 1er janvier 2022, qui rend deux critères contraignants pour les établissements de crédit : le taux d’effort ne doit pas excéder 35 % des revenus, assurance emprunteur comprise, et la durée du crédit ne doit pas excéder 25 ans. Ce second plafond, souvent oublié, ferme la porte aux durées de 27 ou 30 ans que certains simulateurs proposent encore.
La règle s’applique à l’ensemble des crédits en cours, pas au seul prêt sollicité. La mensualité maximale admissible vaut donc les revenus nets mensuels multipliés par 35 %, moins les charges de crédit existantes.
Prenons l’exemple chargé par défaut dans le simulateur. Un ménage percevant 4 000 € nets par mois et remboursant déjà 300 € de crédit automobile dispose de 4 000 × 35 % − 300, soit 1 100 € de mensualité pour son nouveau crédit. À 3,5 % sur vingt ans, cela remonte à 189 668 € de capital empruntable, et à 219 668 € de budget avec 30 000 € d’apport.
La pondération des loyers à 70 % : l’avantage de l’investisseur
Les banques n’ignorent pas les loyers déjà perçus, mais elles ne les retiennent qu’à hauteur de 70 %. Cette décote couvre la vacance, les charges non récupérables et la fiscalité. Elle reste un avantage considérable par rapport à une exclusion pure et simple, et c’est le mécanisme que la plupart des calculettes grand public omettent.
Un investisseur percevant 3 500 € de salaire net et 800 € de loyers voit ses revenus retenus portés à 3 500 + 560 = 4 060 €. Sa mensualité maximale atteint 1 421 €, contre 1 225 € sans les loyers. Ces 196 € d’écart représentent, à 3,5 %, 33 800 € de capital supplémentaire sur vingt ans et 39 200 € sur vingt-cinq. De quoi faire basculer la faisabilité d’une deuxième opération.
Le curseur de pondération du simulateur permet de tester une décote plus sévère : certaines banques descendent à 60 %, voire à 50 % sur des locations meublées de courte durée.
Le reste à vivre : le second filtre, moins visible
Le taux d’endettement est une condition nécessaire, pas suffisante. Les banques appliquent en parallèle un filtre moins formalisé : le reste à vivre, c’est-à-dire ce qui demeure au foyer une fois toutes les charges fixes et la nouvelle mensualité déduites. Les seuils internes varient, mais on observe couramment un minimum de 800 à 1 000 € par adulte et de l’ordre de 400 € par enfant à charge.
Un dossier à 34 % de taux d’effort, techniquement conforme, peut donc être refusé si le reste à vivre est jugé insuffisant au regard de la composition du foyer. L’inverse existe aussi, mais il faut en connaître la mécanique exacte : le HCSF autorise les banques à déroger sur 20 % de leur production trimestrielle, et depuis la décision du 29 juin 2023, au moins 70 % de cette marge doit aller aux acquéreurs de leur résidence principale et 30 % aux primo-accédants. L’investisseur locatif ne se partage donc qu’une fraction résiduelle de cette flexibilité, ce qui rend le respect strict des 35 % bien plus impératif pour lui que pour un accédant. Le calcul du taux d’endettement permet de vérifier ce point avant tout dépôt de dossier.
Les leviers pour augmenter sa capacité d’emprunt
L’apport personnel : son vrai rôle
Une idée reçue tenace veut que l’apport augmente la capacité d’emprunt. C’est inexact : le taux d’effort dépend des revenus et des mensualités, pas du capital apporté. L’apport joue trois autres rôles, plus discrets.
Il couvre d’abord les frais de notaire, 7 à 8 % dans l’ancien, que les banques financent rarement. Il rassure ensuite le prêteur sur la capacité d’épargne, ce qui se traduit souvent par un meilleur taux. Il réduit enfin le capital emprunté, donc la mensualité, ce qui libère de la capacité pour l’opération suivante.
Certains investisseurs font le choix inverse et empruntent à 110 %, frais compris, pour conserver leur trésorerie comme réserve ou comme levier sur une acquisition à venir. Cet arbitrage dépend du taux obtenu et du rendement attendu du capital conservé : il se tranche au cas par cas, jamais par principe.
Allonger la durée, dans la limite des 25 ans
La durée est le levier le plus direct. Passer de vingt à vingt-cinq ans réduit la mensualité de près de 14 % et augmente d’autant le capital empruntable à taux d’effort constant. Avec 1 200 € de mensualité maximale à 3,5 %, on emprunte environ 207 000 € sur vingt ans contre 240 000 € sur vingt-cinq, soit 33 000 € de capacité gagnée pour la même contrainte de revenus.
La contrepartie est connue : le coût total des intérêts augmente. Mais pour un investisseur dont les loyers absorbent tout ou partie de la mensualité, cet argument pèse moins que la préservation de la réserve d’endettement. Le plafond réglementaire de 25 ans reste la borne : au-delà, la banque sort de la norme HCSF et doit puiser dans sa marge de flexibilité, largement réservée aux résidences principales. Le calcul de la mensualité chiffre précisément l’arbitrage entre durée et coût.
Optimiser ses revenus retenus : TNS, gérants, revenus variables
Les banques ne traitent pas tous les revenus de la même façon. Un salarié en CDI hors période d’essai voit 100 % de son revenu net retenu. Un travailleur non salarié ou un gérant de société voit les siens calculés sur la moyenne des trois derniers exercices clos : une excellente année récente ne compense pas deux exercices modestes, c’est la moyenne qui fait foi.
L’implication pratique est directe : le moment du dépôt n’est pas neutre. Un gérant qui vient de clôturer deux bons exercices consécutifs a intérêt à solliciter son financement avant qu’ils ne sortent de la fenêtre de calcul. Déposer juste après un exercice difficile pénalise la capacité de façon artificielle et temporaire.
Dernier levier, souvent négligé : la délégation d’assurance emprunteur. Passer d’un contrat groupe à 0,30 % à un contrat individuel à 0,15 % représente, sur 200 000 €, 25 € de mensualité en moins. Comme l’assurance entre dans le taux d’effort, cette économie se convertit directement en capacité d’emprunt supplémentaire.
Capacité d’emprunt et stratégie sur plusieurs opérations
La capacité d’emprunt n’est pas un stock qui se consomme à chaque acquisition. C’est une variable dynamique : à mesure que les crédits s’amortissent, que les loyers entrent dans l’assiette et que les revenus progressent, elle se reconstitue. Pour qui envisage plusieurs opérations sur quinze à vingt ans, cette reconstitution est le cœur de la stratégie.
La règle est de calibrer chaque opération pour laisser une réserve suffisante à la suivante. Viser 30 % de taux d’effort après la première acquisition plutôt que de frôler les 35 % laisse cinq points de marge, ce qui peut représenter plusieurs centaines d’euros de mensualité disponible. C’est précisément parce que la marge de flexibilité HCSF leur est peu accessible que les investisseurs ont intérêt à conserver ce matelas eux-mêmes.
Un mot sur la SCI à l’impôt sur les sociétés, souvent présentée comme un moyen de sortir les revenus locatifs du calcul d’endettement personnel. La réalité est plus nuancée : la banque exige presque systématiquement la caution personnelle du gérant, et réintègre alors l’engagement dans son analyse. La SCI à l’IS reste un outil pertinent, pour sa fiscalité et pour l’amortissement du bien, mais elle n’efface pas l’endettement aux yeux du prêteur. Il faut la choisir pour ses vraies vertus, pas pour un contournement qui n’existe pas.
Reste à valider la cohérence d’ensemble : capacité d’emprunt, cash flow et taux de rendement interne se lisent ensemble. Emprunter au maximum de sa capacité sur un actif à cash flow lourdement négatif referme la porte de l’opération suivante bien plus sûrement qu’un taux d’effort prudent. C’est la logique qui structure la constitution d’un patrimoine immobilier sur plusieurs acquisitions.
Questions fréquentes sur la capacité d’emprunt
Comment calculer sa capacité d’emprunt immobilier ?
On multiplie ses revenus nets mensuels par 35 %, puis on soustrait les mensualités de crédits en cours. Le résultat est la mensualité maximale admissible. On remonte ensuite au capital empruntable en appliquant la formule d’actualisation, qui dépend du taux et de la durée.
Le taux saisi doit inclure l’assurance emprunteur, puisqu’elle entre dans le taux d’effort au sens du HCSF. Le simulateur ci-dessus effectue les deux étapes et ajoute l’apport pour afficher le budget total.
Combien puis-je emprunter avec 3 000 € de revenus nets ?
Avec 3 000 € nets et aucune charge, la mensualité maximale s’établit à 1 050 €. À 3,5 %, cela correspond à environ 181 000 € sur vingt ans et 210 000 € sur vingt-cinq ans.
Ces montants varient avec le taux et l’assurance retenue. Si des loyers sont déjà perçus, ils s’ajoutent aux revenus retenus à hauteur de 70 % et relèvent sensiblement le résultat.
Les loyers perçus augmentent-ils ma capacité d’emprunt ?
Oui, et c’est un avantage structurel de l’investissement locatif. Les banques les intègrent aux revenus retenus, à hauteur de 70 % de leur montant brut, décote qui couvre la vacance et les charges.
L’effet est loin d’être symbolique : 800 € de loyers ajoutent 560 € de revenus retenus, soit 196 € de mensualité et près de 34 000 € de capital sur vingt ans. Certaines banques appliquent une décote plus sévère, jusqu’à 50 % sur de la location meublée de courte durée : le curseur du simulateur permet de tester ce cas.
Quelle différence entre capacité d’emprunt et taux d’endettement ?
Le taux d’endettement est un ratio : il exprime en pourcentage le rapport entre les charges de crédit et les revenus. La capacité d’emprunt est le capital maximal que ce ratio autorise, compte tenu du taux et de la durée.
L’un est la contrainte réglementaire, 35 % au maximum selon le HCSF ; l’autre en est la conséquence financière. Deux emprunteurs au même taux d’endettement peuvent avoir des capacités très différentes selon la durée obtenue.
La capacité d’emprunt change-t-elle selon les banques ?
Oui, parfois nettement. La règle des 35 % s’impose à tous, mais les politiques internes diffèrent sur le traitement des revenus variables, le seuil de reste à vivre exigé, la durée accordée selon les profils et la pondération des loyers dans les configurations atypiques.
Les banques disposent en outre d’une marge de dérogation de 20 % de leur production trimestrielle. Elle est largement fléchée vers les résidences principales et les primo-accédants, ce qui en laisse peu à l’investisseur locatif. Comparer plusieurs établissements, ou passer par un courtier, reste la démarche la plus rationnelle (voir le coût d’un courtier).
Comment augmenter sa capacité d’emprunt rapidement ?
Solder les crédits à la consommation en cours est le levier le plus efficace : chaque euro de mensualité supprimée libère directement de la capacité. Allonger la durée, dans la limite réglementaire de 25 ans, augmente le capital empruntable pour le même effort mensuel.
La délégation d’assurance réduit la mensualité totale, donc le taux d’effort. Et pour un travailleur non salarié, déposer le dossier après deux ou trois bons exercices améliore la moyenne retenue. Aucun de ces leviers n’est décisif isolément ; c’est leur combinaison qui déplace le résultat.
La durée d’un prêt immobilier est-elle plafonnée ?
Oui. La décision du HCSF fixe la maturité maximale à 25 ans, avec une tolérance de deux années de différé d’amortissement lorsque l’entrée en jouissance du bien est décalée par rapport à l’octroi du crédit, cas d’une vente en l’état futur d’achèvement ou d’une opération avec travaux lourds.
Au-delà, la banque sort de la norme et doit imputer le dossier sur sa marge de flexibilité, réservée en priorité aux résidences principales. Les durées de 27 ou 30 ans que l’on voit encore dans certains simulateurs ne correspondent donc pas au cadre applicable en France.
Sources officielles
Les chiffres et les règles présentés sur cette page sont vérifiables auprès des sources suivantes.
Nos autres outils de financement
La capacité d’emprunt se recoupe avec les chiffres que produisent les outils ci-dessous.
Mensualité de crédit
Mensualité de crédit
La mensualité, le coût total des intérêts et l’effet d’une variation de taux ou de durée.
€ / mois
Tableau d’amortissement
Tableau d’amortissement
L’échéancier complet du prêt, échéance par échéance, avec PTZ et différé d’amortissement.
échéancier
Taux d’endettement
Taux d’endettement
Votre ratio d’endettement après le nouveau crédit, avec la pondération des loyers à 70 %.
%
Effet de levier
Effet de levier
Ce que le crédit ajoute à la rentabilité de vos fonds propres, et à partir de quel taux il la détruit.
× fonds propres
Éco-PTZ
Le montant de travaux finançables à taux zéro selon les gestes de rénovation retenus.
€ à 0 %À venir
Les calculateurs des autres familles
Votre capacité réelle se prépare avant le rendez-vous bancaire
Structure des revenus, ordre des opérations, choix de la durée, délégation d’assurance : nous montons le dossier de financement avec vous et le présentons aux établissements qui financent réellement l’investissement locatif.
Outil fourni à titre indicatif. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une offre, ni une garantie de résultat.

